120 times 1.0 / scénographie
Dans la forme, il peut ressembler à ce qu’on trouve sur les forums du web, avec des réponses courtes et elliptiques et une relation très particulière à l’écrit.
Nous proposons un système modulaire d’écriture typographique : l’écran à LED (journal électronique ou panneau lumineux). Nous prévoyons 12 écrans à LEDs munis de roulettes, qui pourront ainsi être déplacés dans l’espace. Ces écrans seront pilotés depuis la régie pour envoyer les textes choisis au moment voulu.
4 panneaux sont prévus pour les didascalies Ansther et 4 autres pour le locuteur principal, les 4 derniers seront là pour permettre un troisième canal d’intervention sur le texte, par exemple pour que le comédien ou le spectateur s’insurge contre les didascalies en passant par le Modérateur. En passant par lui, chacun pourra à sa guise envoyer un mot, une phrase dans les afficheurs.
Les LEDs sont intéressants parce qu’ils donnent une qualité matérielle, concrète, au texte. De plus, les LEDs appartiennent au vocabulaire graphique de la ville et du commerce, puisqu’on les trouve d’ordinaire dans des devantures de magasins ou dans la rue, où ils sont utilisés pour communiquer des informations brèves, dans un souci d’efficacité maximal. Il me paraît intéressant de confronter ce langage à celui du théâtre, car c’est une façon de convoquer sur la scène le rôle social et mercantile que l’écrit peut endosser.
Enfin, les LEDs sont une technologie peu coûteuse, mais visuellement très intéressante. Grâce à sa forte luminosité, et à son caractère dynamique, le texte tridimensionnel affiché sur les LEDs (les LEDs étant composés de sortes de petites ampoules) impose sa présence sur le plateau et attire l’oeil, mais ne devrait pas créer de diversion esthétisante ni de fascination high tech (cf. les travaux de Jenny Holzer). Pour ne pas rendre ses effet trop systématiques nous jouerons sur différentes animations typographiques, sur la variation des couleurs et des polices.
